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Décembre 2oo3, sous le ministère de Brigitte Girardin, les citoyens des Antilles sont consultés sur l'indépendance. St Martin et St Barth disent Oui pour se détacher de la Guadeloupe. Celle-ci avait dit Non,vis à vis de la Métropole, restant colonie d'assimilation et de consommation. Le déficit en responsabilité crée amertume, xénophobie, crainte de l'autre, confiance réduite en soi. Aujourd’hui les Antillais, dans leur grande majorité, se veulent citoyens français, bien décidés à le rester.
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Avec un produit intérieur brut (PIB) inférieur à 75 % de la moyenne européenne (67,3 % pour la Guadeloupe), les départements d'outre-mer peuvent bénéficier de mesures dérogatoires. Mais pour de nombreux élus locaux, le maintien sous perfusion des économies ultramarines par l'Etat providence, est loin de répondre à l'urgence sociale de ces territoires.
Le soulèvement du LKP (Rassemblement contre les abus) relève t'il d'une exigence existentielle réelle, d'un appel profond au plus noble de la vie ?
"Une absurdité coloniale nous a détournés de notre manger-pays, de notre environnement proche et de nos réalités culturelles, pour nous livrer sans pantalon et sans jardins-bokay aux modes alimentaires européens." constatent les plus lucides.
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La Guadeloupe n'est pas plus productive que la Dominique pour l'agriculture vivrière et le chlore déconne sur les terres de production bananière. Elle est moins performante que Ste Lucie pour son tourisme.
La levée populaire Kont la Pwofitasyon, après le Yes We can d'Obama et le MANIFESTE des "produits" de haute nécessité , porte l'aspiration vers d'autres possibles que la société de consommation et pour que la jeunesse vive et travail au Pays ! Le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes." La gwadloup sé tannou"
PAROLES DU FRONT Frédéric Gircour, prof de 35 ans, tient le Blog "Chien créole". L'oeil du Jabiru s'y est régalé du côté du quartier d'Henri IV, où une épine du corps social a tué Jacques Bino. " I shot the sheriff, I don't shot the Lkp" dira sans doute le tireur en cours d'assises ...
Le flair du Chien Créole: reportages bien écrits, non muselés, vivants d'authenticité, riches d'informations du combat à la source, au coeur de la lutte populaire . Chien Créole, une source fiable d'information Guadeloupéenne sur la blogosphère.
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 photo Frédéric Gircour
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Alex Lollia est syndicaliste et professeur de philo. Il a été blessé et injurié par un Mamblo envoyé par la Métropole.
Propos recueillis par Frédéric GIRCOUR
Alex Lollia :" Ce mouvement vient de très loin. Il a longuement mûri avec les dégradations des conditions matérielles qui touchent les couches populaires de la Guadeloupe. Au cours de la dernière décennie, tout s’est accéléré. Il y a eu une hausse significative des prix en 2oo0 avec le passage à l’euro et depuis cette période, les licenciements ne se sont jamais arrêtés, en particulier dans les secteurs du tourisme et du bâtiment.
La frustration est très forte : on compte chaque fois plus de salariés au chômage, d’emplois précaires, les temps partiels se multiplient avec des salaires de misère.
Fait inédit, les jeunes diplômés ne trouvent plus d’emploi et même les fonctionnaires, qui, avec les 40% de prime à la vie chère, avaient toujours été considérés ici comme des privilégiés, voient leur pouvoir d’achat s’effondrer et commencent à craindre pour l’avenir de leurs enfants.
Dans une société, lorsque la classe moyenne bascule et rejoint, dans leurs préoccupations, les classes les plus défavorisées, on atteint un point de rupture, ça crée un cocktail explosif.
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A cela s’ajoute le sentiment que nos élus ne servent à rien. En Guadeloupe, pendant des années, les mairies ont servi de soupapes sociales, avec des quantités d’employés municipaux tout à fait record. Ces embauches avaient bien sûr également des visées clientélistes et électoralistes. Avant la décentralisation, c’est le préfet qui contrôlait le budget des mairies. On comprendra qu’il était peu regardant sur les déficits qui se creusaient : en échange de sa complaisance, il monnayait un certain contrôle politique. Etat et élus locaux étaient donc complices dans ce système. Avec la décentralisation, la donne a complètement changé.
Désormais, c’est la Cour Régionale des Comptes qui contrôle les budgets des mairies, cette fois avec une logique purement comptable. Elle n’accepte plus les déficits vertigineux qui caractérisaient la gestion de la plupart des maires de Guadeloupe. Pour compliquer le tout, l’UGTG, qui avait obtenu la titularisation des employés municipaux, a réclamé et obtenu, sur la base de cette première victoire, l’obtention des 40% de prime à la vie chère pour chacun d’eux. Pour légitime que soit le versement des 40% pour tout fonctionnaire, inutile de dire que, d’un point de vue mathématiques, les budgets des mairies ont littéralement explosés.
 Photo Dominique Chomereau
Pour répondre aux exigences de la Cour des Comptes, la plupart des élus ont choisi d’augmenter les impôts locaux. Même une ville comme Baie-Mahault, dont on pourrait imaginer qu’elle serait à l’abri de ce type de déficits avec les taxes de Jarry située sur sa commune, n’a pas échappé aux hausses très significatives d’impôts. Pendant le mandat du maire Edouard Chamougon, les entreprises sur sa commune bénéficiaient, tel que la loi les y autorise, de la défiscalisation pendant trois ans, puis, alors qu’elles auraient du commencer à payer des taxes, ces entreprises changeaient de nom ou officiellement de propriétaire et pouvaient tranquillement repartir pour trois ans en défiscalisant à nouveau et ainsi de suite !
Ce système extrêmement avantageux pour les entreprises a permis que Jarry se développe comme une pieuvre, en dévorant les terres agricoles dont il ne reste quasiment plus rien et en créant de graves problèmes écologiques. Par exemple, la mangrove, qui permet notamment à la faune marine de se reproduire a énormément souffert de ce "développement". Bien sûr, ces cadeaux aux entreprises avaient lieu dans un système de pots-de-vin généralisé. Chamougon a d’ailleurs été rattrapé par la justice et s’est retrouvé en prison. Tout ça pour dire que très peu de communes ont échappé à ces envolées de réajustement fiscal.

Or, comme l’urbanisation en Guadeloupe s’est faite de façon le plus souvent anarchique, sans permis de construire et sans réel contrôle des autorités, beaucoup d’administrés dont l’adresse n’était pas connue du cadastre échappaient à l’impôt. Ceux qui avaient fait les choses dans les règles ont du supporter seuls ce poids supplémentaire et se sont vus littéralement écraser par des augmentations astronomiques des impôts locaux. Aujourd’hui, toutes les communes essayent "d’élargir l’assiette", grâce à l’adressage : il s’agit de répertorier tous les logements plus ou moins sauvages, avec un travail de repérage et une gestion plus rationnelle, comme le fait de commencer à attribuer systématiquement des numéros aux maisons. Désormais, toutes les communes pourchassent ceux qui jusqu’alors échappaient à l’impôt.
 Thierry Mathiasin, plasticien guadeloupéen : "Dépouillés de leur peaux, les Tropiques se maquillent de bronzage "
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On a installé les Guadeloupéens dans un fauteuil roulant en or ; de fait la Guadeloupe donne l’illusion d’un pays riche : belles voitures, villas, etc. Tous aspirent à ça et pourtant la Guadeloupe ne produit plus rien, en tout cas chaque fois moins. En ne produisant rien, les Guadeloupéens ne pensent plus qu’à consommer de façon individualiste, ils ne pensent plus à leur avenir collectif et du coup se déshumanisent.
Nous sommes un peuple en voie de disparition. Glissant, pour les Antilles, parlait d’une "hawaïsation" des Antilles Françaises, des îles où la culture n’existerait bientôt plus que sous forme de folklore. " lire la suite MANIFESTE
pour les "produits" de haute nécessité
Les signataires rassemblent neuf figures de la vie intellectuelle antillaise : le poète Edouard Glissant, l’écrivain Patrick Chamoiseau, l’artiste-peintre Ernest Breleur le sociologue Serge Domi, le comédien et auteur dramatique Gérard Delver, le philosophe Guillaume Pigeard de Gurbert, les universitaires Olivier Portecop et Olivier Pulvar ainsi que le politologue Jean-Claude William .
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Quand le "prosaïque" n'ouvre pas aux élévations du "poétique " quand il devient sa propre finalité et se consume ainsi nous avons tendance à croire que les aspirations de notre vie, et son besoin de sens, peuvent se loger dans ces codes-barres que sont " le pouvoir d'achat " ou " le panier de la ménagère"
Le Code Noir Mars 1685 : Edit du roi sur les esclaves des îles de l’Amérique, Louis XIV, par la grâce de Dieu roi de France et de Navarre

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