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    Jabiru, sa vie, ses oeuvres
    15/11/2008

    Anatomie du Jabiru

    Vu de loin … le Jabiru semble issu du croisement d’une ombrelle noire mitée avec une serpillière, le tout surplombant une longue paire de manches de râteaux.

    Vu de près… le Jabiru ne vaut pas la peine d’être regardé de près, d’autant qu’il convient de se méfier de son bec puissant et rapide.

    Mais, quand le soleil se couche dans sa gloire d’ors et de pourpres,
    le vol du Jabiru dessine d’impalpables arabesques.


    Vie du Jabiru                                     In the sky

    Grand oiseau de la famille des cigognes, du tantale et du marabout,
    le Jabiru pêche des poissons et de petits crustacés qu’il déguste
    à grands claquements de son robuste bec. Le coup de Jab !

    Echassier chassieux ne sachant pas chasser sans son chapeau,
    il vit près des rives, des lacs, des fleuves et des rivières.
    Sur l'île de St Martin, près du marigot en bordure du lagon,
    il contemple avec mélancolie la vie des autres animaux du voisinage, dont il prétend écrire la chronique .
    On a pu constater en laboratoire que le Jabiru apprécie le caviar (sans la louche) la langouste avec mayonnaise, le mahi-mahi et les marrons glaçés. Mais l’intérêt de telles expériences paraît mineur.

    Au Liban, la femelle du Jabiru se nomme Jabiroute, qu'il protège sous son aile, tandis que les célbataires rentrent chez eux, la jabiroute sous l'bras .

    dessin Eslitza Popova



    Jamais dans la cité de Beyrouth, on ne vit de si belle Jabiroute

    La vie sociale du Jabiru est complexe, notamment à la saison des amours. Les familles s’assemblent alors en bandes au bord des mangroves, le nid perché à la cîme des Baobabs.
    L’éminent zoologue Albert van Desfriet, comte de Hollande et Pair de Gand, a pu repérer trois groupes distincts au sein de ces rassemblements :
    1- Le groupe tumultueux des mâles, becs haut levés et claquants, sautant d’une patte sur l’autre, trompetant d’étranges et rauques mélopées qui évoquent le muezzin un soir d’orage sur les hauteurs de Babel-Web.
    2- Dans le groupe à peine moins agité des femelles nubiles, leurs gosiers flûtent d’obscures incantations dont la motivation reste difficile à comprendre.
    3- Les jeunes Jabiru, tous yeux écarquillés, restent muet de stupeur devant ce remue-ménage insolite. Un Jabiru plein d’âge et d’expérience hoche gravement la tête en jabotant de confus commentaires.


    Un zozo a réussi à force de patience et grand renfort d’ordinateur, à traduire les cris et grognements jusqu’alors ésotériques du Jabiru.
    Les mâles allaient du banal : “si votre ramage, etc.” en passant par “tu ferais pas un vol d’essai ?”, pour aller jusqu’à : “t’en as déjà vu des comme ça ?” frisant la vulgarité.
    Les couinements des femelles nubiles signifient à peu près : “je ne suis pas celle que vous pensez”ainsi qu'un prometteur “à tout à l’heure sous les jacarandas.”
    Quant au groupe des anciens, leurs commentaires signifient grosso modo, que la jeunesse actuelle est vraiment très mal élevée et qu’au bon vieux temps…

           Du Jabiru et des Hommes  

    Ces deux espèces ne cherchent ni à se rencontrer ni à s’éviter.
    La chair du Jabiru est fade et nauséabonde, avec des relents
    de poisson avarié. Néanmoins, aux temps chauds quand on transpire, les Espagnols citent souvent cet oiseau dans la phrase célèbre :“Le jabiru jaccasse sous les jacarandas”

    En effet, les Espagnols ont le “J” guttural, ils adorent “roter”.
    Ils espèrent ainsi masquer, par des exhalaisons parfumées à l’ail,
    la senteur lourde, musquée et envahissante de leurs aisselles velues.

    La vie en société des jabiru est parfois source de conflits. Pour régler leurs différends, ils ont recours aux plus expérimentés qui se regroupent en cercle mais en se tournant le dos pour éviter des confrontations bec à bec. Chez eux, de telles assemblées s’appellent, à juste titre, des “parlements -croupions”.
    Le jabiru se drogue-t-il ? Le fait paraît probable. Autrefois, les indiens Guaranis de l’Amazonie disaient le hjabiru, avec le “H” aspiré.
    Le jabiru dort les pattes repliées, souvent il dit que : " Les ailes parfois nous manquent, mais nous avons toujours assez de force pour tomber"


    Lorsque le Jabiru, lassé d’un long voyage, dans le brouillard du soir retourne à ses roseaux,
    ses petits affamés courent sur le rivage et glissent sur la vase en braillant comme des veaux

    Le Jabiru à Pékin



    Le nom du "Jabiru" est initialement donné par les indiens Tupi-Guarani du Brésil
    il a été repris par les portugais qui le diffusèrent jusqu'en Afrique



    Le jabiru est un oiseau du Sénégal qu'on retrouve jusqu'en Ethiopie.
    Il couvre donc une bonne partie de l'Afrique sauf l'Afrique du sud où il est totalement absent.
    De la famille des cigognes, c'est un des plus grands oiseaux du continent africain.
    Avec ses longues pattes, il peut franchir plus d'un mètre en une seule enjambée.
    C'est prudemment qu'il avance dans les eaux peu profondes des lacs et des rivières
    tout en cherchant les proies. Il peut pêcher des poissons pesant plus d'un kilo.
    Pour se faire, il remue le fond de l'eau avec ses pattes, le bec entrouvert et en partie immergé.
    Il repère une proie au toucher et la saisit en un clin d'œil.
    Patient, il peut rester immobile un long moment en attendant qu'un poisson passe à sa portée.

    Son territoire s'étend sur environ 10 km² et il y passera toute sa vie.
    Il connaît donc parfaitement bien le paysage qui l'entoure et seul ou en couple
    il vole régulièrement d'une aire de repos ou d'alimentation à une autre.

    Il se nourrit de grenouilles, serpents, crabes, petits mammifères, escargots ou coléoptères aquatiques.
    Il n'hésite pas, lorsque la nourriture manque, à manger des œufs ou oisillons d'autres espèces d'oiseaux
    ou de voler la nourriture des cormorans.
    Il lui arrive de rejoindre un groupe d'une douzaine d'individus au cours de la saison sèche
    quand la nourriture vient à manquer. Il est en effet plus facile de chercher ensemble son repas
    même si ça pourrait conduire à certaines disputes, mais le jabiru est un oiseau très paisible
    et c'est d'ailleurs au cours de cette saison sèche qu'il va se reproduire.

    Il vit assez vieux mais lorsqu'il s'accouple, c'est pour la vie et la période de reproduction
    donne lieu à de grands spectacles de parades amoureuses: le mâle se tient bien droit,
    s'éloigne tout à coup à grands pas de sa partenaire en battant des ailes
    puis se retourne et se précipite vers elle ! Dans le nid, lorsqu'un des partenaires se pose,
    il salue l'autre en levant ou en baissant la tête comme un yo-yo.
    Utilisant le même nid d'une année l'autre, celui-ci est situé au sommet d'un arbre.
    Il le construira avec des brindilles, des roseaux et de la boue pour former une sorte de cuvette assez grande pour que le couple puisse s'y cacher lorsqu'il couve. Après une trentaine de jours ce sont 2 ou 3 oisillons
    qui verront le jour et qui seront nourris par leurs deux parents.

    Pour reconnaître un mâle d'une femelle, sachez que l'iris est brun foncé chez le mâle
    et jaune chez la femelle. La fraîcheur est une préoccupation majeure du jabiru.
    Pour éviter les coups de chaleur, il halète vigoureusement et ébouriffe son plumage
    séparant de son corps les plumes de surface chauffées par le soleil.
    Il vide aussi régulièrement des becquées d'eau sur les œufs ou sur ses petits
    et n'a pas trouvé de meilleure méthode pour se rafraîchir les pattes que de se déféquer dessus.

    Etant donné que l'espèce est assez dispersée, il est extrêmement difficile d'estimer et de préserver sa race.
    Plus que la présence et l'activité humaine qui pourraient le déranger en période de nidification,
    c'est l'assèchement des marécages qui lui est le plus nuisible.
    Au Kenya par exemple, on pense qu'il ne reste que 6 sites de reproduction
    et moins d'une cinquantaine sur tout le reste du territoire africain.
    Comme tous les oiseaux…. le jabiru ne chante pas !
    En effet, il est dépourvu de muscles dans le larynx. Si certaines espèces claquent du bec,
    le jabiru reste silencieux et c'est en agitant ses plumes et sa tête qu'il communique.

    Source : Astrid Lafalize

     
    Jabiru 1966
    "Scout d'un jour, scout toujours"

    C'est de mon totem aux éclaireurs
    que se trouve l'origine de mon alias
    repris comme nom de plume à l'âge adulte



    Merci à  Mickael






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