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"Si ce monde est une vallée de larmes,
Ayiti est la zone la plus arrosée"
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Beaucoup affirment que ce pays est maudit… Pour ma part, je ne suis pas croyant. Mais les Haïtiens sont un peuple très superstitieux. Ils voient bien qu’ils n’ont connu que des souffrances. Si le monde est une vallée de larmes, Haïti est la zone la plus arrosée.
En réalité, nous payons notre audace. Nous nous sommes heurtés à Napoléon et c’est de là que tous nos malheurs proviennent. Mais nous sommes aussi responsables de ce qui nous arrive. Nous nous sommes lancés dans une guerre raciale contre les Blancs alors qu’il fallait se battre pour la liberté. Nous aurions dû assimiler les enseignements de la Révolution française.
A la place, nous nous sommes engagés sur une fausse voie. Le mythe racial a accaparé l’énergie du pays et nous ne nous sommes pas développés.
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Que pensez-vous sur la reconstruction et l’avenir d’Haïti ?
Ce grand malheur entraîne un mouvement de solidarité sans précédent, qui transcende tous les clivages. Haïti était arrivé à un point extrême de dénuement.
Ce tremblement de terre aura peut-être ceci de bon qu’il permettra de sortir le pays de sa tragédie permanente. Ce qu’il faut bien comprendre, c’est qu’avant cette catastrophe, Haïti connaissait déjà, chaque jour, son lot de séismes individuels.
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Trouver une gomme utopique à ajouter au crayon du Christ pour effacer notre tragédie sans fin.
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Nous devons éviter de mal placer notre orgueil "national". Nous avons besoin d’une gouvernance extérieure pour sortir de notre surplace existentiel.
Aucun autre territoire anciennement colonisé ne ressemble à Haïti. Nous avons su constituer une nation culturelle mais nous n’avons jamais su construire d’Etat-nation .
Il faut maintenant aller vers la Terre-patrie chère à Edgar Morin. Après l’échec de notre première audace, celle des luttes de libération en 1804, il nous faut avancer une audace nouvelle pour proposer une autre voie d’évolution historique.
J’ai essayé d’écrire un poème l’autre soir, mais je n’y suis pas parvenu, l’émotion étant trop vive. En Haïti, un proverbe dit que l’on ne peut pas effacer ce qu’a dessiné Dieu. Je voulais dire ce soir-là qu’il nous faut trouver une gomme utopique à ajouter au crayon du Christ pour effacer notre tragédie sans fin.
Source : http://www.lejdd.fr/
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"Après deux semaines, la vie réussit à se faufiler entre les blocs de béton montés en amas. Du spectacle désolant qui se montre à nos yeux, se dégage une vivacité qui fascine le blanc (étranger) que je suis."
Des ruines de Port au Prince, un témoignage quotidien nous parvient sur le Blog branché d'un canadien. Jean-François là-bas dit POUR NE PAS OUBLIER |