|
 |
|
|
TERRE - PATRIE
|
| C'est Obama qui devra payer pour les 8 années de délire de Bush |
|
Robert Fisk |
The Independent, 8 nov. 2008 article original :
" Obama has to pay for eight years of Bush's delusions"
Comment Barack Obama va-t-il réparer les dégâts titanesques que son prédécesseur
vicieux et menteur a perpétrés partout dans le monde et même aux Etats-Unis ?
Il devra sortir d’Irak et dire ses quatre vérités à Israël. |
Les avocats américains qui défendaient cette semaine six Algériens à une audition d’habeas corpus à Washington ont appris d’étranges choses sur les services secrets étasuniens après le 11/9. Des millions de rapports "bruts" des espions américains et de leurs "actifs" un peu partout dans le monde, est sortie une alerte de la CIA au Moyen-Orient sur une possible attaque aérienne de type kamikaze contre une base navale des Etats-Unis à un emplacement insulaire du Pacifique Sud. Seul problème : aucune base navale américaine de ce type n’existe et aucun navire de guerre de la Septième Flotte des Etats-Unis n’a jamais croisé là-bas. Une enquête de l’armée américaine avait rapporté auparavant avec le plus grand sérieux qu’Oussama ben Laden avait été reconnu en train de faire des achats dans un bureau de poste sur une base militaire américaine d’Asie orientale.

Que cette absurdité ait été disséminée dans le monde entier par ceux qui avaient la tâche de défendre les Etats-Unis dans la "guerre contre la terreur" montre l’environnement imaginaire qui était celui du régime Bush pendant huit ans !
Si l’on peut croire que ben Laden se rend dans un centre commercial sur une base militaire américaine, alors on peut croire que quiconque est arrêté est un "terroriste", que les Arabes sont des "terroristes", qu’ils peuvent être exécutés, que les "terroristes" vivant doivent être torturés, que tout ce que dit un homme sous la torture peut être cru, qu’il est légitime d’envahir des Etats souverains et de mettre la main sur tous les enregistrements téléphoniques en Amérique.
Rien n’a arrêté Bush lorsqu’il s’est agi de fouler la constitution des Etats-Unis. La nouveauté était qu’il appliquait désormais le même irrespect pour la liberté en Amérique que celui qu’il avait montré dans le reste du monde.
|
Mais comment Barack Obama va-t-il réparer les dégâts titanesques que son prédécesseur vicieux et menteur a perpétrés partout dans le monde et même aux Etats-Unis ?
John F. Kennedy a dit une fois que "les Etats-Unis, tout le monde le sait, ne commenceront jamais une guerre". Après la peur semée par Bush et après "le choc et la terreur" [shock and awe] de Rumsfeld, Abou Ghraib et Bagram, Gantanamo et les enlèvements secrets.Obama doit fermer Guantanamo.Il doit trouver un moyen de faire ses excuses au monde pour les crimes de son prédécesseur, ce ne sera pas une tâche facile pour un homme qui doit faire preuve de fierté en son pays .
|
Mais dire qu’il est désolé est ce qu’il devra faire – sur le plan international – si le "changement" dont il s’est fait le champion chez lui doit avoir le moindre sens hors des frontières de l’Amérique. Il devra repenser – et déconstruire – toute la "guerre contre la terreur". Il devra sortir d’Irak. Il devra appeler à l’arrêt de la construction de bases aériennes massives en Irak et de son ambassade à 600 millions de dollars. Il devra mettre fin aux frappes aériennes sanglantes que nous perpétrons dans le Sud de l’Afghanistan – pourquoi, oui, pourquoi continuons-nous de perpétrés des massacres contre les banquets de mariage ?
Et il devra dire ses quatre vérités à Israël : que l’Amérique ne peut plus rester muette face à la brutalité de l’armée israélienne et à la colonisation pour les Juifs – et les Juifs seulement – sur la terre arabe. Obama devra au moins se dresser contre le lobby d’Israël (qui est en fait le lobby israélien du Likoud) et retirer l’acceptation que Bush a faite en 2004 à propos de sa revendication sur une partie importante de la Cisjordanie.
Les officiels étasuniens devront parler aux officiels iraniens – et aux officiels du Hamas, d’ailleurs. Obama devra mettre fin aux frappes aériennes à l’intérieur du Pakistan – et de la Syrie.
Les alliés de l’Amérique au Moyen-Orient sont vraiment de plus en plus préoccupé par la nécessité que l’armée américaine doit être ramenée sous contrôle – le fait est que la véritable raison de la nomination de Petraeus en Irak était moins d’organiser le "surge" [la montée en force] que de ramener la discipline aux 150.000 soldats et marines dont la mission – et la moralité – était devenue complètement pervertie par la politique de Bush. Il y a des preuves, par exemple, que la frappe des quatre hélicoptères en Syrie le mois dernier, qui a tué huit personnes, était – sinon une opération véreuse – certainement pas autorisée par Washington, ni par les commandants étasuniens à Bagdad.
Mais Obama ne pourra pas voler de ses propres ailes. Il veut réduire sa présence en Irak afin de concentrer plus de puissance de feu en Afghanistan. Il ne s’opposera pas au lobby à Washington, ne stoppera la colonisation juive rampante des territoires occupés et ne parlera pas aux ennemis d’Israël.
En prenant Rahm Emanuel, le fervent supporter de "la principale institution du lobby d’Israël à Washington" (AIPAC) comme nouveau secrétaire général – "notre homme à la Maison Blanche", ainsi que le quotidien israélien Maariv l’a appelé cette semaine – Obama marchera droit.
Et il y a, bien sûr, cette terrible pensée que ben Laden – lorsqu’il ne fait pas ses courses dans les bureaux de poste de l’armée américaine – pourrait projeter une autre atrocité pour accueillir la présidence d’Obama.
Pourtant, il y a juste un petit problème : les prisonniers "manquants". Pas les victimes qui ont été torturées (qui le sont encore ?) à Guantanamo, mais les milliers qui ont tout simplement disparu en détention américaine à l’étranger ou – avec l’aide des Américains – dans les prisons des alliés des Etats-Unis. |
 |
Certains reportages parlent de 20.000 hommes qui auraient disparu, la plupart Arabes, tous Musulmans.Où sont-ils ? Peuvent-ils être libérés maintenant ? Ou sont-ils morts ?
Si Obama découvre qu’il hérite de charniers légués par George W. Bush, il y aura beaucoup d’excuses à faire.
|
|
|
| La crise actuelle
est née en 1971 |
|
 |
Le
déclin du Bas-Empire romain
a commencé comme ça...
par
Michel
Rocard
Source : Le Temps.ch,
22 octobre 2008
Propos recueillis par Sylvain Besson
|
Au-delà des crédits
immobiliers subprimes, on a le sentiment que la crise
financière remonte à plus loin... Quelle
est votre explication ?
Il y a un consensus
presque absolu sur les causes techniques de la crise
actuelle. Les banques américaines ont caché
les crédits immobiliers douteux dans des packages
contenant 15 à 20 % d'actifs douteux, camouflés
dans des avoirs sains, qu'on a ensuite vendus comme
des actifs financiers uniques. Aujourd'hui, aucune banque
n'est en état de mesurer son degré d'incertitude,
et encore moins celui du voisin.
Pourquoi
ça s'est passé comme ça ?
Je suis convaincu qu'il
faut remonter au décrochage du dollar et de l'or
en 1971. Il a entraîné un manque de repères
fixes qui a poussé le monde financier à
inventer de plus en plus de mécanismes pour se
prémunir contre les aléas de change. Ils
sont regroupés sous le nom de produits dérivés.
Petit à petit, le taux d'incertitude de ces produits
est devenu trop grand et on a eu un effet de bulle...
Pardon,
vous suggérez de revenir à l'étalon
or ?
On ne peut pas ! Malheureusement,
c'est le passé. On ne sortira pas des difficultés
actuelles sans trouver quelque chose de nouveau. De
1945 à 1975, dans tous les Etats développés,
le capitalisme avait une croissance de 5 % par an, il
ne connaissait jamais de crise financière et
tout le monde était en plein emploi. Nous sommes
maintenant dans un capitalisme qui s'essouffle pour
atteindre la moitié de cette croissance, sans
y parvenir, qui connaît une crise financière
gravissime tous les quatre ou cinq ans, et où
tous les pays ont un quart de leur population fragilisée
devant le travail. Ma question est : peut-on rafistoler
le système bancaire sans remédier à
cette anémie générale de l'économie
physique ?
Pourquoi
le capitalisme s'est-il essoufflé ?
L'équilibre entre
partenaires du jeu économique a changé.
C'est le résultat de deux siècles d'histoire
du capitalisme. Quand il est né – dans
les années 1810-1840 – on s'est aperçu
que le système était cruel et injuste.
Assez vite naît une riposte du monde du travail,
qui prend la forme des coopératives, des mutuelles,
des syndicats, du mouvement socialiste. Leur souci est
de se débarrasser du capitalisme. Mais le capitalisme
a gagné. Sous la pression ouvrière, mais
pas seulement, son efficacité prodigieuse a été
mise au service de la lutte contre la cruauté
sociale.
Le système est
ainsi fait qu'il est instable. C'est même sa caractéristique
principale. La crise des années 1929-1932, et
la guerre qui a suivi, a rallié les cervelles
à l'idée qu'il fallait le stabiliser.
L'accord s'est fait dans le monde sur trois stabilisateurs.
Le premier, c'est la sécurité sociale.
L'Anglais Beveridge a théorisé qu'en faisant
des retraites, de l'assurance chômage, de l'assurance
maladie, des prestations familiales, on contribuait
à stabiliser le système. Le deuxième
régulateur, c'est celui de Keynes : au lieu de
gérer les budgets et la monnaie sur la base de
comptes nationaux, il faut les utiliser pour amortir
les chocs extérieurs. Cette idée explique
l'absence de crise pendant les trente années
qui suivent. Le troisième régulateur,
le plus ancien, c'est celui d'Henry Ford, et il tient
en une phrase : "Je paie mes salariés pour
qu'ils achètent mes voitures." Mis ensemble,
à la fin de la Second Guerre mondiale, ces trois
stabilisateurs vont donner le compromis social-démocrate,
qui a duré trente ans.
Mais ce
compromis a été abandonné depuis
longtemps...
Les actionnaires ont
fini par considérer qu'ils étaient mal
traités. Ils ne venaient pas aux assemblées
générales – on en rigolait, d'ailleurs.
Ça a changé quand se sont créés
les fonds de pension qui regroupent des milliers, des
millions d'actionnaires. Ils ont envahi toutes les assemblées,
en se moquant des problèmes internes de l'entreprise,
et en disant "je veux plus". Dans la foulée
se créent les fonds d'investissement, plus petits
mais beaucoup plus incisifs, et les fonds d'arbitrage,
les hedge funds.
Ces fonds ont créé
une vaste pression sur les managers. Ils disaient :
"Si vous ne payez pas plus, on vous vire."
Puis il y a eu un mouvement plus puissant encore, celui
des OPA. Celui qui ne distribue pas assez à ses
actionnaires devient "opéable". Il
en a résulté une externalisation formidable
de la main-d'œuvre, qui a rendu précaire
un quart de nos populations. Au final, cela donne une
économie fatiguée, minée par la
méfiance, où l'idée de fidélité
à l'entreprise commence à disparaître
et où la croissance ralentit.
Y a-t-il
des moyens d'en sortir ?
Tout commence par la
prise de conscience et le diagnostic. Ce diagnostic
doit être scientifique et internationalement partagé.
Aussi longtemps que les chefs d'entreprises productives
se laisseront intoxiquer par la propagande bancaire,
alors que leurs intérêts sont souvent antagonistes,
aussi longtemps que les médias nieront le diagnostic,
il n'y aura pas de remède.
Le repli national, c'est
l'assurance déclin, l'assurance récession,
parce que nos économies sont interdépendantes.
L'économie administrée, on sait bien que
ça ne marche pas. Interdire les produits dérivés,
à mon avis ce n'est pas possible, car ils font
fonctionner le système. Donc il faut une longue
réflexion, qui doit comprendre un aspect éthique.
La confiance ne peut pas revenir quand le PDG ou le
banquier, qui gagnait 40 fois plus que ses salariés
pendant les deux premiers siècles de capitalisme,
gagne 350 à 500 fois plus. Il faut reconnaître
que le moteur de la croissance, c'est la consommation
des ménages. Cela implique le retour de la masse
salariale à un niveau plus élevé
: en moyenne, sa part dans le PIB a perdu 10 % en vingt-cinq
ou trente ans.
Il faudra aussi fournir
un élément scientifique pour condamner
l'espoir d'une rentabilité à 15 %, alors
que le PIB croît de 2 % par an. Cet objectif de
15 % est un objectif de guerre civile. Or, il a été
formulé par les professionnels de l'épargne
et personne n'a rien dit. Aujourd'hui, si on ne trouve
pas d'inflexion, on est dans le mur. Le déclin
du Bas-Empire romain a commencé comme ça...
Comment
jugez-vous l'action de l'Europe dans cette crise ?
Elle a fait preuve d'une
inventivité inhabituelle. Mais ce ne sont pas
les institutions européennes qui ont fonctionné.
La Commission se tait. Le Conseil des ministres n'a
pas été sollicité. Un type talentueux,
qui s'appelle Nicolas Sarkozy, a exploité la
convergence des volontés de quelques grands Etats
européens. La zone euro nous a protégés.
Sans l'euro la crise serait infiniment plus grave. Elle
a trouvé un bon conseiller en la personne de
Gordon Brown, avec son invention géniale de garantie
publique aux prêts interbancaires.
A ce propos, je viens
d'apprendre une nouvelle délicieuse : le principal
conseiller financier de Gordon Brown serait Alan Greenspan
[ancien président de la Réserve fédérale
américaine]. Or, c'est le surcroît de liquidités
qu'il a créé qui a permis aux banques
de prendre tous ces risques. Il y a de quoi sourire.
Vous êtes
encore plus sévère envers l'économiste
ultralibéral Milton Friedman...
Friedman a créé
cette crise ! Il est mort, et vraiment, c'est dommage.
Je le verrais bien être traduit devant la Cour
pénale internationale pour crimes contre l'humanité.
Avec son idée que le fonctionnement des marchés
est parfait, il a laissé toute l'avidité,
la voracité humaine s'exprimer librement.
|
|
|
|
| Le capitalisme
touche a sa fin |
12
octobre, 2008 |
Par
Immanuel Wallerstein

Immanuel
Wallerstein est l'un des inspirateurs du mouvement
altermondialiste.
A l'université de l'Etat de New York,
il dirige le Centre Fernand-Braudel pour l'étude
de l'économie des systèmes historiques
et des civilisations
.
|
Fernand Braudel (1902-1985)
distinguait le temps de la "longue durée",
qui voit se succéder dans l'histoire
humaine des systèmes régissant
les rapports de l'homme à son environnement
matériel, et, à l'intérieur
de ces phases, le temps des cycles longs conjoncturels,
décrits par des économistes comme
Nicolas Kondratieff (1982-1930) ou Joseph Schumpeter
(1883-1950).
Nous sommes aujourd'hui clairement dans une
phase B d'un cycle de Kondratieff qui a commencé
il y a trente à trente-cinq ans, après
une phase A qui a été la plus
longue (de 1945 à 1975) des cinq cents
ans d'histoire du système capitaliste.
Dans une phase A, le profit
est généré par la production
matérielle, industrielle ou autre ; dans
une phase B, le capitalisme doit, pour continuer
à générer du profit, se
financiariser et se réfugier dans la
spéculation. Depuis plus de trente ans,
les entreprises, les Etats et les ménages
s'endettent, massivement.
Nous sommes aujourd'hui dans la dernière
partie d'une phase B de Kondratieff, lorsque
le déclin virtuel devient réel,
et que les bulles explosent les unes après
les autres : les faillites se multiplient, la
concentration du capital augmente, le chômage
progresse, et l'économie connaît
une situation de déflation réelle.
|

Aujourd'hui,
ce moment du cycle conjoncturel coïncide
avec, et par conséquent aggrave, une
période de transition entre deux
systèmes de longue durée. Je pense
en effet que nous sommes entrés depuis
trente ans dans la phase terminale du système
capitaliste.
Ce qui différencie fondamentalement cette
phase de la succession ininterrompue des cycles
conjoncturels antérieurs, c'est que le
capitalisme ne parvient plus à "faire
système", au sens où l'entend
le physicien et chimiste Ilya Prigogine (1917-2003)
: quand un système, biologique, chimique
ou social, dévie trop souvent de sa situation
de stabilité, il ne parvient plus à
retrouver l'équilibre, et l'on assiste
alors à une bifurcation.
La situation devient chaotique, incontrôlable
pour les forces qui la dominaient jusqu'alors,
et l'on voit émerger une lutte, non plus
entre les tenants et les adversaires du système,
mais entre tous les acteurs pour déterminer
ce qui va le remplacer. Je réserve l'usage
du mot "crise" à ce type de
période. Eh bien, nous sommes en crise.
Le capitalisme touche à sa fin.
Pourquoi
ne s'agirait-il pas plutôt d'une nouvelle
mutation du capitalisme, qui a déjà
connu, après tout, le passage du capitalisme
marchand au capitalisme industriel, puis du
capitalisme industriel au capitalisme financier
?
|
|

|
Le capitalisme omnivore
capte le profit là où il est le
plus important à un moment donné.
Il ne se contente pas de petits profits marginaux.
Au contraire, il les maximise en constituant des
monopoles, il a encore essayé de le faire
dernièrement dans les biotechnologies et
les technologies de l'information.
Mais je pense que les possibilités d'accumulation
réelle du système ont atteint leurs
limites.
|
Depuis sa naissance
dans la seconde moitié du XVIe siècle,le
capitalisme se nourrit du différentiel de richesse
entre un centre, où convergent les profits, et
des périphéries (pas forcément
géographiques) de plus en plus appauvries. A
cet égard, le rattrapage économique de
l'Asie de l'Est, de l'Inde, de l'Amérique latine,
constitue un défi insurmontable pour "l'économie-monde"
créée par l'Occident, qui ne parvient
plus à contrôler les coûts de l'accumulation.
Les trois courbes mondiales des prix de la main-d'oeuvre,
des matières premières et des impôts
sont partout en forte hausse depuis des décennies.
La courte période néo-libérale
qui est en train de s'achever n'a inversé que
provisoirement la tendance. A la fin des années
1990, ces coûts étaient certes moins élevés
qu'en 1970, mais ils étaient bien plus importants
qu'en 1945.
En fait, la dernière période d'accumulation
réelle - les "trente glorieuses" -
n'a été possible que parce que les Etats
keynésiens ont mis leurs forces au service du
capital. Mais, là encore, la limite a été
atteinte !
Combien
de temps la transition actuelle devrait-elle durer,
sur quoi pourrait-elle déboucher ?
La période de
destruction de valeur qui clôt la phase
B d'un cycle Kondratieff dure généralement
de deux à cinq ans avant que les conditions
d'entrée dans une phase A, lorsqu'un profit
réel peut de nouveau être tiré
de nouvelles productions matérielles décrites
par Schumpeter, sont réunies. |
|
Mais le fait que cette
phase corresponde actuellement à une crise de
système nous a fait entrer dans une période
de chaos politique durant laquelle les acteurs dominants,
à la tête des entreprises et des Etats
occidentaux, vont faire tout ce qu'il est techniquement
possible pour retrouver l'équilibre, mais il
est fort probable qu'ils n'y parviendront pas.
Les plus intelligents, eux, ont déjà compris
qu'il fallait mettre en place quelque chose d'entièrement
nouveau. Mais de multiples acteurs agissent déjà,
de façon désordonnée et inconsciente,
pour faire émerger de nouvelles solutions, sans
que l'on sache encore quel système sortira de
ces tâtonnements.
Nous sommes dans une période, assez rare, où
la crise et l'impuissance des puissants laissent une
place au libre arbitre de chacun. Comme cet avenir sera
la somme du nombre incalculable de ces actions, il est
absolument impossible de prévoir quel modèle
s'imposera finalement. Dans dix ans, on y verra peut-être
plus clair ; dans trente ou quarante ans, un nouveau
système aura émergé. Je crois qu'il
est tout aussi possible de voir s'installer un système
d'exploitation hélas encore plus violent que
le capitalisme, que de voir au contraire se mettre en
place un modèle plus égalitaire et redistributif.
Les
mutations antérieures du capitalisme ont
souvent débouché sur un déplacement
du centre de "l'économie-monde",
par exemple depuis le Bassin méditerranéen
vers la côte Atlantique de l'Europe, puis
vers celle des Etats-Unis.
Le système à venir sera-t-il centré
sur la Chine ? |
 |
La crise que nous vivons
correspond aussi à la fin d'un cycle politique,
celui de l'hégémonie américaine,
entamée également dans les années
1970.
Les Etats-Unis resteront un acteur important, mais ils
ne pourront plus jamais reconquérir leur position
dominante face à la multiplication des centres
de pouvoir, avec l'Europe occidentale, la Chine, le
Brésil, l'Inde. Un nouveau pouvoir hégémonique,
si l'on s'en réfère au temps long braudélien,
peut mettre encore cinquante ans pour s'imposer. Mais
j'ignore lequel.
En attendant, les conséquences politiques de
la crise actuelle seront énormes, dans la mesure
où les maîtres du système vont tenter
de trouver des boucs émissaires à l'effondrement
de leur hégémonie. Je pense que la moitié
du peuple américain n'acceptera pas ce qui est
en train de se passer.
Les conflits internes vont donc s'exacerber aux Etats-Unis,
qui sont en passe de devenir le pays du monde le plus
instable politiquement. Et n'oubliez pas que nous, les
Américains, nous sommes tous armés...
Source - journal Le Monde, Propos
recueillis par Antoine Reverchon
Article paru dans l'édition du 12.10.0
|
|
|
|
| La crise alimentaire
mondiale |
|
Comment
faire face ?
|
850
Millions
de personnes
souffrent de la faim
Le
point de vue
d'une ONG
Action
Contre la Faim |
|
|
|
|
| Le successeur
de Bush et l'Irak |
|
Cinq
années d’occupation ont détruit
l’Iraq en tant que pays.
Bagdad aujourd’hui, c’est une collection
de ghettos sunnites et chiites hostiles séparés
par des murs de béton. Certains districts ont
même des drapeaux nationaux distincts. Les secteurs
sunnites arborent l’ancien drapeau iraquien avec
les trois étoiles du parti Baath et les chiites
en exhibent une version nouvelle, adoptée par
le gouvernement chiite-kurde.
Les Kurdes ont leur propre drapeau.
Plus que beaucoup d’autres guerres, celle d’Iraq
reste mal comprise à l’extérieur
du pays. Les Iraquiens eux-mêmes, souvent, ne
la comprennent pas, car s’ils ont une connaissance
profonde de leur propre communauté, qu’elle
soit chiite, sunnite ou kurde, ils connaissent très
peu les autres communautés iraquiennes.
Dès le moment où le président George
W. Bush a décidé de renverser Saddam Hussein,
il aurait dû être évident que ce
serait une guerre très différente de celle
menée par son père en 1991. Celle-ci avait
été une guerre modérée pour
rétablir le statu quo au Koweit.
La guerre de 2003 est appelée à avoir
des conséquences très radicales.
|
|
|
|
| Entre intox
et contre vérité |
|
Actualités
sur la Guerre impériale

OPERA & JABIRU
|
Qu'en est
t'il de la compréhension sur la stratégie
impériale des Etats Unis dans leur guerre
contre l'Irak et l'Afghanistan ?
Dans
un "jeu" de questions/réponses
Opera & Jabiru développent leur point
de vue ICI
|
 |
|
|
|
| Crise
alimentaire et biocarburant$ |
|
|
Face aux
changements climatiques et à la flambée
des prix du pétrole, les biocarburants
sont envisagés comme un élément
d'alternative énergétique durable.
Mais les agrobiocarburants (produits à
partir de produits agricoles) favorisent la
déforestation et l'érosion des
sols.
Ils font
concurrence à l’alimentation. Leur
production uniquement guidée par des
impératifs économiques pourrait
conduire à de graves conséquences
sociales et environnementales.
Le coût des aliments de base monte en
flèche;la famine de masse a engendré
des émeutes violentes au Burkina Faso,
au Cameroun, en Egypte, en Indonésie,
en Côte d'Ivoire, en Mauritanie, au Mozambique,
au Sénégal et en Haïti.
Pour
les trois milliards de personnes qui survivent
avec moins de deux dollars par jour [1,27 €]
la spirale montante des prix mondiaux des denrées
alimentaires a signifié la lutte pour
le droit humain le plus essentiel: le droit
de manger.
Le riz, le pain et les tortillas constituent
la nourriture de base pour cette moitié
de la population mondiale. Selon les chiffres
de l'ONU, en 2oo7 le prix des céréales
a augmenté de 42% et celui des produits
laitiers de 80%. Et l'inflation sur les denrées
alimentaires s'est encore accélérée
ces derniers mois.
"Les prix alimentaires croissent à
présent à des taux que peu d'entre
nous avons vu au cours de notre vie", a
déclaré John Powell du Programme
Alimentaire Mondial.
Les prix resteront probablement élevés
pendant au moins dix ans, prévoit l'Organisation
de l'Alimentation et de l'Agriculture !
Lire ICI l'analyse de Jean Ziegler
|
|
|
|
| Baril de pétrole
à 150$ ? |
|
|
La flambée des prix
du pétrole va se poursuivre: le baril
de brut pourrait valoir entre 120 et 150 dollars
d'ici l'automne, avancent désormais les
analystes, contraints de relever précipitamment
leurs prévisions du début d'année.
"En début
d'année, nous avions estimé que
le prix du pétrole allait retomber en 2008
et avancions les 80 dollars comme prix moyen",
explique Antoine Halff, stratège chez le
courtier Newedge Group. Mais "face à
l'évolution de l'environnement des marchés
pétroliers, nous sommes en train de revoir
nettement à la hausse ce prix", ajoute-t-il.
La
suite ici |
|
|
|
|
|
| L’or noir dans
un monde de brut |
| |
 |
Notre
village planétaire consomme 30 milliards de
barils par an.
Un baril
de pétrole équivaut à 159 litres
et nous consommons chaque jour 85 millions de barils,
soit 13 milliards de litres par an. Soit l’équivalent
d’un gisement géant. S’il existe
une véritable folie des hommes, elle tient
à leur aveuglement.
Pour ne rien
arranger, les chiffres concernant l’ampleur
réelle des réserves sont délibérément
... la
suite ICI |
|
|
|
|
TERRE
PATRIE
|
Notre Village planétaire seule
masse sphérique habitée dans le système
solaire
globe tourne en journée de 24 heures boucle annuellement
l'orbite solaire en 365,25 jours à la vitesse de108
000 km/h. Sur cette Arche de Noé, la création
initiale a évolué au fil des millions d'années.
Rien de neuf sous le soleil sinon un trou dans ... LA
SUITE ICI

|
|
|
|
|
|