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TERRE - PATRIE


C'est Obama qui devra payer pour les 8 années de délire de Bush
13-Nov-2008
Robert Fisk

The Independent, 8 nov. 2008 article original :
" Obama has to pay for eight years of Bush's delusions"

Comment Barack Obama va-t-il réparer les dégâts titanesques que son prédécesseur vicieux et menteur a perpétrés partout dans le monde et même aux Etats-Unis ?

Il devra sortir d’Irak et dire ses quatre vérités à Israël.

Les avocats américains qui défendaient cette semaine six Algériens à une audition d’habeas corpus à Washington ont appris d’étranges choses sur les services secrets étasuniens après le 11/9. Des millions de rapports "bruts" des espions américains et de leurs "actifs" un peu partout dans le monde, est sortie une alerte de la CIA au Moyen-Orient sur une possible attaque aérienne de type kamikaze contre une base navale des Etats-Unis à un emplacement insulaire du Pacifique Sud. Seul problème : aucune base navale américaine de ce type n’existe et aucun navire de guerre de la Septième Flotte des Etats-Unis n’a jamais croisé là-bas. Une enquête de l’armée américaine avait rapporté auparavant avec le plus grand sérieux qu’Oussama ben Laden avait été reconnu en train de faire des achats dans un bureau de poste sur une base militaire américaine d’Asie orientale.

PHOTO AFP

Que cette absurdité ait été disséminée dans le monde entier par ceux qui avaient la tâche de défendre les Etats-Unis dans la "guerre contre la terreur" montre l’environnement imaginaire qui était celui du régime Bush pendant huit ans !
Si l’on peut croire que ben Laden se rend dans un centre commercial sur une base militaire américaine, alors on peut croire que quiconque est arrêté est un "terroriste", que les Arabes sont des "terroristes", qu’ils peuvent être exécutés, que les "terroristes" vivant doivent être torturés, que tout ce que dit un homme sous la torture peut être cru, qu’il est légitime d’envahir des Etats souverains et de mettre la main sur tous les enregistrements téléphoniques en Amérique.
Rien n’a arrêté Bush lorsqu’il s’est agi de fouler la constitution des Etats-Unis. La nouveauté était qu’il appliquait désormais le même irrespect pour la liberté en Amérique que celui qu’il avait montré dans le reste du monde.


Mais comment Barack Obama va-t-il réparer les dégâts titanesques que son prédécesseur vicieux et menteur a perpétrés partout dans le monde et même aux Etats-Unis ?
John F. Kennedy a dit une fois que "les Etats-Unis, tout le monde le sait, ne commenceront jamais une guerre". Après la peur semée par Bush et après "le choc et la terreur" [shock and awe] de Rumsfeld, Abou Ghraib et Bagram, Gantanamo et les enlèvements secrets
.Obama doit fermer Guantanamo.Il doit trouver un moyen de faire ses excuses au monde pour les crimes de son prédécesseur, ce ne sera pas une tâche facile pour un homme qui doit faire preuve de fierté en son pays .

 

Mais dire qu’il est désolé est ce qu’il devra faire – sur le plan international – si le "changement" dont il s’est fait le champion chez lui doit avoir le moindre sens hors des frontières de l’Amérique. Il devra repenser – et déconstruire – toute la "guerre contre la terreur". Il devra sortir d’Irak. Il devra appeler à l’arrêt de la construction de bases aériennes massives en Irak et de son ambassade à 600 millions de dollars. Il devra mettre fin aux frappes aériennes sanglantes que nous perpétrons dans le Sud de l’Afghanistan – pourquoi, oui, pourquoi continuons-nous de perpétrés des massacres contre les banquets de mariage ?

Et il devra dire ses quatre vérités à Israël : que l’Amérique ne peut plus rester muette face à la brutalité de l’armée israélienne et à la colonisation pour les Juifs – et les Juifs seulement – sur la terre arabe. Obama devra au moins se dresser contre le lobby d’Israël (qui est en fait le lobby israélien du Likoud) et retirer l’acceptation que Bush a faite en 2004 à propos de sa revendication sur une partie importante de la Cisjordanie.
Les officiels étasuniens devront parler aux officiels iraniens – et aux officiels du Hamas, d’ailleurs. Obama devra mettre fin aux frappes aériennes à l’intérieur du Pakistan – et de la Syrie.
Les alliés de l’Amérique au Moyen-Orient sont vraiment de plus en plus préoccupé par la nécessité que l’armée américaine doit être ramenée sous contrôle – le fait est que la véritable raison de la nomination de Petraeus en Irak était moins d’organiser le "surge" [la montée en force] que de ramener la discipline aux 150.000 soldats et marines dont la mission – et la moralité – était devenue complètement pervertie par la politique de Bush. Il y a des preuves, par exemple, que la frappe des quatre hélicoptères en Syrie le mois dernier, qui a tué huit personnes, était – sinon une opération véreuse – certainement pas autorisée par Washington, ni par les commandants étasuniens à Bagdad.

Mais Obama ne pourra pas voler de ses propres ailes. Il veut réduire sa présence en Irak afin de concentrer plus de puissance de feu en Afghanistan. Il ne s’opposera pas au lobby à Washington, ne stoppera la colonisation juive rampante des territoires occupés et ne parlera pas aux ennemis d’Israël.
En prenant Rahm Emanuel, le fervent supporter de "la principale institution du lobby d’Israël à Washington" (AIPAC) comme nouveau secrétaire général – "notre homme à la Maison Blanche", ainsi que le quotidien israélien Maariv l’a appelé cette semaine – Obama marchera droit.
Et il y a, bien sûr, cette terrible pensée que ben Laden – lorsqu’il ne fait pas ses courses dans les bureaux de poste de l’armée américaine – pourrait projeter une autre atrocité pour accueillir la présidence d’Obama.

Pourtant, il y a juste un petit problème : les prisonniers "manquants". Pas les victimes qui ont été torturées (qui le sont encore ?) à Guantanamo, mais les milliers qui ont tout simplement disparu en détention américaine à l’étranger ou – avec l’aide des Américains – dans les prisons des alliés des Etats-Unis.

Certains reportages parlent de 20.000 hommes qui auraient disparu, la plupart Arabes, tous Musulmans.Où sont-ils ? Peuvent-ils être libérés maintenant ? Ou sont-ils morts ? Si Obama découvre qu’il hérite de charniers légués par George W. Bush, il y aura beaucoup d’excuses à faire.



La crise actuelle est née en 1971
( 23/10/08)
La crise Vidéo France Inter

Le déclin du Bas-Empire romain
a commencé comme ça...


par

Michel Rocard

Source : Le Temps.ch, 22 octobre 2008
Propos recueillis par Sylvain Besson

 

Au-delà des crédits immobiliers subprimes, on a le sentiment que la crise financière remonte à plus loin... Quelle est votre explication ?

Il y a un consensus presque absolu sur les causes techniques de la crise actuelle. Les banques américaines ont caché les crédits immobiliers douteux dans des packages contenant 15 à 20 % d'actifs douteux, camouflés dans des avoirs sains, qu'on a ensuite vendus comme des actifs financiers uniques. Aujourd'hui, aucune banque n'est en état de mesurer son degré d'incertitude, et encore moins celui du voisin.

Pourquoi ça s'est passé comme ça ?

Je suis convaincu qu'il faut remonter au décrochage du dollar et de l'or en 1971. Il a entraîné un manque de repères fixes qui a poussé le monde financier à inventer de plus en plus de mécanismes pour se prémunir contre les aléas de change. Ils sont regroupés sous le nom de produits dérivés. Petit à petit, le taux d'incertitude de ces produits est devenu trop grand et on a eu un effet de bulle...

Pardon, vous suggérez de revenir à l'étalon or ?

On ne peut pas ! Malheureusement, c'est le passé. On ne sortira pas des difficultés actuelles sans trouver quelque chose de nouveau. De 1945 à 1975, dans tous les Etats développés, le capitalisme avait une croissance de 5 % par an, il ne connaissait jamais de crise financière et tout le monde était en plein emploi. Nous sommes maintenant dans un capitalisme qui s'essouffle pour atteindre la moitié de cette croissance, sans y parvenir, qui connaît une crise financière gravissime tous les quatre ou cinq ans, et où tous les pays ont un quart de leur population fragilisée devant le travail. Ma question est : peut-on rafistoler le système bancaire sans remédier à cette anémie générale de l'économie physique ?

Pourquoi le capitalisme s'est-il essoufflé ?

L'équilibre entre partenaires du jeu économique a changé. C'est le résultat de deux siècles d'histoire du capitalisme. Quand il est né – dans les années 1810-1840 – on s'est aperçu que le système était cruel et injuste. Assez vite naît une riposte du monde du travail, qui prend la forme des coopératives, des mutuelles, des syndicats, du mouvement socialiste. Leur souci est de se débarrasser du capitalisme. Mais le capitalisme a gagné. Sous la pression ouvrière, mais pas seulement, son efficacité prodigieuse a été mise au service de la lutte contre la cruauté sociale.

Le système est ainsi fait qu'il est instable. C'est même sa caractéristique principale. La crise des années 1929-1932, et la guerre qui a suivi, a rallié les cervelles à l'idée qu'il fallait le stabiliser. L'accord s'est fait dans le monde sur trois stabilisateurs. Le premier, c'est la sécurité sociale. L'Anglais Beveridge a théorisé qu'en faisant des retraites, de l'assurance chômage, de l'assurance maladie, des prestations familiales, on contribuait à stabiliser le système. Le deuxième régulateur, c'est celui de Keynes : au lieu de gérer les budgets et la monnaie sur la base de comptes nationaux, il faut les utiliser pour amortir les chocs extérieurs. Cette idée explique l'absence de crise pendant les trente années qui suivent. Le troisième régulateur, le plus ancien, c'est celui d'Henry Ford, et il tient en une phrase : "Je paie mes salariés pour qu'ils achètent mes voitures." Mis ensemble, à la fin de la Second Guerre mondiale, ces trois stabilisateurs vont donner le compromis social-démocrate, qui a duré trente ans.

Mais ce compromis a été abandonné depuis longtemps...

Les actionnaires ont fini par considérer qu'ils étaient mal traités. Ils ne venaient pas aux assemblées générales – on en rigolait, d'ailleurs. Ça a changé quand se sont créés les fonds de pension qui regroupent des milliers, des millions d'actionnaires. Ils ont envahi toutes les assemblées, en se moquant des problèmes internes de l'entreprise, et en disant "je veux plus". Dans la foulée se créent les fonds d'investissement, plus petits mais beaucoup plus incisifs, et les fonds d'arbitrage, les hedge funds.

Ces fonds ont créé une vaste pression sur les managers. Ils disaient : "Si vous ne payez pas plus, on vous vire." Puis il y a eu un mouvement plus puissant encore, celui des OPA. Celui qui ne distribue pas assez à ses actionnaires devient "opéable". Il en a résulté une externalisation formidable de la main-d'œuvre, qui a rendu précaire un quart de nos populations. Au final, cela donne une économie fatiguée, minée par la méfiance, où l'idée de fidélité à l'entreprise commence à disparaître et où la croissance ralentit.

Y a-t-il des moyens d'en sortir ?

Tout commence par la prise de conscience et le diagnostic. Ce diagnostic doit être scientifique et internationalement partagé. Aussi longtemps que les chefs d'entreprises productives se laisseront intoxiquer par la propagande bancaire, alors que leurs intérêts sont souvent antagonistes, aussi longtemps que les médias nieront le diagnostic, il n'y aura pas de remède.

Le repli national, c'est l'assurance déclin, l'assurance récession, parce que nos économies sont interdépendantes. L'économie administrée, on sait bien que ça ne marche pas. Interdire les produits dérivés, à mon avis ce n'est pas possible, car ils font fonctionner le système. Donc il faut une longue réflexion, qui doit comprendre un aspect éthique. La confiance ne peut pas revenir quand le PDG ou le banquier, qui gagnait 40 fois plus que ses salariés pendant les deux premiers siècles de capitalisme, gagne 350 à 500 fois plus. Il faut reconnaître que le moteur de la croissance, c'est la consommation des ménages. Cela implique le retour de la masse salariale à un niveau plus élevé : en moyenne, sa part dans le PIB a perdu 10 % en vingt-cinq ou trente ans.

Il faudra aussi fournir un élément scientifique pour condamner l'espoir d'une rentabilité à 15 %, alors que le PIB croît de 2 % par an. Cet objectif de 15 % est un objectif de guerre civile. Or, il a été formulé par les professionnels de l'épargne et personne n'a rien dit. Aujourd'hui, si on ne trouve pas d'inflexion, on est dans le mur. Le déclin du Bas-Empire romain a commencé comme ça...

Comment jugez-vous l'action de l'Europe dans cette crise ?

Elle a fait preuve d'une inventivité inhabituelle. Mais ce ne sont pas les institutions européennes qui ont fonctionné. La Commission se tait. Le Conseil des ministres n'a pas été sollicité. Un type talentueux, qui s'appelle Nicolas Sarkozy, a exploité la convergence des volontés de quelques grands Etats européens. La zone euro nous a protégés. Sans l'euro la crise serait infiniment plus grave. Elle a trouvé un bon conseiller en la personne de Gordon Brown, avec son invention géniale de garantie publique aux prêts interbancaires.

A ce propos, je viens d'apprendre une nouvelle délicieuse : le principal conseiller financier de Gordon Brown serait Alan Greenspan [ancien président de la Réserve fédérale américaine]. Or, c'est le surcroît de liquidités qu'il a créé qui a permis aux banques de prendre tous ces risques. Il y a de quoi sourire.

Vous êtes encore plus sévère envers l'économiste ultralibéral Milton Friedman...

Friedman a créé cette crise ! Il est mort, et vraiment, c'est dommage. Je le verrais bien être traduit devant la Cour pénale internationale pour crimes contre l'humanité. Avec son idée que le fonctionnement des marchés est parfait, il a laissé toute l'avidité, la voracité humaine s'exprimer librement.


Analyse prémonitoire
 



Le capitalisme touche a sa fin
12 octobre, 2008

Par Immanuel Wallerstein

Immanuel Wallerstein est l'un des inspirateurs du mouvement altermondialiste.

A l'université de l'Etat de New York, il dirige le Centre Fernand-Braudel pour l'étude de l'économie des systèmes historiques et des civilisations
.

Fernand Braudel (1902-1985) distinguait le temps de la "longue durée", qui voit se succéder dans l'histoire humaine des systèmes régissant les rapports de l'homme à son environnement matériel, et, à l'intérieur de ces phases, le temps des cycles longs conjoncturels, décrits par des économistes comme Nicolas Kondratieff (1982-1930) ou Joseph Schumpeter (1883-1950).
Nous sommes aujourd'hui clairement dans une phase B d'un cycle de Kondratieff qui a commencé il y a trente à trente-cinq ans, après une phase A qui a été la plus longue (de 1945 à 1975) des cinq cents ans d'histoire du système capitaliste.

Dans une phase A, le profit est généré par la production matérielle, industrielle ou autre ; dans une phase B, le capitalisme doit, pour continuer à générer du profit, se financiariser et se réfugier dans la spéculation. Depuis plus de trente ans, les entreprises, les Etats et les ménages s'endettent, massivement.

Nous sommes aujourd'hui dans la dernière partie d'une phase B de Kondratieff, lorsque le déclin virtuel devient réel, et que les bulles explosent les unes après les autres : les faillites se multiplient, la concentration du capital augmente, le chômage progresse, et l'économie connaît une situation de déflation réelle.

Aujourd'hui, ce moment du cycle conjoncturel coïncide avec, et par conséquent aggrave, une période de transition entre deux systèmes de longue durée. Je pense en effet que nous sommes entrés depuis trente ans dans la phase terminale du système capitaliste.
Ce qui différencie fondamentalement cette phase de la succession ininterrompue des cycles conjoncturels antérieurs, c'est que le capitalisme ne parvient plus à "faire système", au sens où l'entend le physicien et chimiste Ilya Prigogine (1917-2003) : quand un système, biologique, chimique ou social, dévie trop souvent de sa situation de stabilité, il ne parvient plus à retrouver l'équilibre, et l'on assiste alors à une bifurcation.
La situation devient chaotique, incontrôlable pour les forces qui la dominaient jusqu'alors, et l'on voit émerger une lutte, non plus entre les tenants et les adversaires du système, mais entre tous les acteurs pour déterminer ce qui va le remplacer. Je réserve l'usage du mot "crise" à ce type de période. Eh bien, nous sommes en crise. Le capitalisme touche à sa fin.

Pourquoi ne s'agirait-il pas plutôt d'une nouvelle mutation du capitalisme, qui a déjà connu, après tout, le passage du capitalisme marchand au capitalisme industriel, puis du capitalisme industriel au capitalisme financier ?

 

 


Le capitalisme omnivore capte le profit là où il est le plus important à un moment donné.
Il ne se contente pas de petits profits marginaux. Au contraire, il les maximise en constituant des monopoles, il a encore essayé de le faire dernièrement dans les biotechnologies et les technologies de l'information.
Mais je pense que les possibilités d'accumulation réelle du système ont atteint leurs limites.



Depuis sa naissance dans la seconde moitié du XVIe siècle,le capitalisme se nourrit du différentiel de richesse entre un centre, où convergent les profits, et des périphéries (pas forcément géographiques) de plus en plus appauvries. A cet égard, le rattrapage économique de l'Asie de l'Est, de l'Inde, de l'Amérique latine, constitue un défi insurmontable pour "l'économie-monde" créée par l'Occident, qui ne parvient plus à contrôler les coûts de l'accumulation.

Les trois courbes mondiales des prix de la main-d'oeuvre, des matières premières et des impôts sont partout en forte hausse depuis des décennies. La courte période néo-libérale qui est en train de s'achever n'a inversé que provisoirement la tendance. A la fin des années 1990, ces coûts étaient certes moins élevés qu'en 1970, mais ils étaient bien plus importants qu'en 1945.
En fait, la dernière période d'accumulation réelle - les "trente glorieuses" - n'a été possible que parce que les Etats keynésiens ont mis leurs forces au service du capital. Mais, là encore, la limite a été atteinte !

Combien de temps la transition actuelle devrait-elle durer, sur quoi pourrait-elle déboucher ?

La période de destruction de valeur qui clôt la phase B d'un cycle Kondratieff dure généralement de deux à cinq ans avant que les conditions d'entrée dans une phase A, lorsqu'un profit réel peut de nouveau être tiré de nouvelles productions matérielles décrites par Schumpeter, sont réunies.

Mais le fait que cette phase corresponde actuellement à une crise de système nous a fait entrer dans une période de chaos politique durant laquelle les acteurs dominants, à la tête des entreprises et des Etats occidentaux, vont faire tout ce qu'il est techniquement possible pour retrouver l'équilibre, mais il est fort probable qu'ils n'y parviendront pas.

Les plus intelligents, eux, ont déjà compris qu'il fallait mettre en place quelque chose d'entièrement nouveau. Mais de multiples acteurs agissent déjà, de façon désordonnée et inconsciente, pour faire émerger de nouvelles solutions, sans que l'on sache encore quel système sortira de ces tâtonnements.

Nous sommes dans une période, assez rare, où la crise et l'impuissance des puissants laissent une place au libre arbitre de chacun. Comme cet avenir sera la somme du nombre incalculable de ces actions, il est absolument impossible de prévoir quel modèle s'imposera finalement. Dans dix ans, on y verra peut-être plus clair ; dans trente ou quarante ans, un nouveau système aura émergé. Je crois qu'il est tout aussi possible de voir s'installer un système d'exploitation hélas encore plus violent que le capitalisme, que de voir au contraire se mettre en place un modèle plus égalitaire et redistributif.

Les mutations antérieures du capitalisme ont souvent débouché sur un déplacement du centre de "l'économie-monde", par exemple depuis le Bassin méditerranéen vers la côte Atlantique de l'Europe, puis vers celle des Etats-Unis.

Le système à venir sera-t-il centré sur la Chine ?

La crise que nous vivons correspond aussi à la fin d'un cycle politique, celui de l'hégémonie américaine, entamée également dans les années 1970.
Les Etats-Unis resteront un acteur important, mais ils ne pourront plus jamais reconquérir leur position dominante face à la multiplication des centres de pouvoir, avec l'Europe occidentale, la Chine, le Brésil, l'Inde. Un nouveau pouvoir hégémonique, si l'on s'en réfère au temps long braudélien, peut mettre encore cinquante ans pour s'imposer. Mais j'ignore lequel.

En attendant, les conséquences politiques de la crise actuelle seront énormes, dans la mesure où les maîtres du système vont tenter de trouver des boucs émissaires à l'effondrement de leur hégémonie. Je pense que la moitié du peuple américain n'acceptera pas ce qui est en train de se passer.
Les conflits internes vont donc s'exacerber aux Etats-Unis, qui sont en passe de devenir le pays du monde le plus instable politiquement. Et n'oubliez pas que nous, les Américains, nous sommes tous armés...

Source - journal Le Monde, Propos recueillis par Antoine Reverchon
Article paru dans l'édition du 12.10.0



La crise alimentaire mondiale
[11 juin, 2008]
Comment faire face ?

850 Millions
de personnes
souffrent de la faim

Le point de vue
d'une ONG

 

Action Contre la Faim




Le successeur de Bush et l'Irak
[ (5 juin, 2008 )]
Cinq années d’occupation ont détruit l’Iraq en tant que pays.
Bagdad aujourd’hui, c’est une collection de ghettos sunnites et chiites hostiles séparés par des murs de béton. Certains districts ont même des drapeaux nationaux distincts. Les secteurs sunnites arborent l’ancien drapeau iraquien avec les trois étoiles du parti Baath et les chiites en exhibent une version nouvelle, adoptée par le gouvernement chiite-kurde.
Les Kurdes ont leur propre drapeau.
Plus que beaucoup d’autres guerres, celle d’Iraq reste mal comprise à l’extérieur du pays. Les Iraquiens eux-mêmes, souvent, ne la comprennent pas, car s’ils ont une connaissance profonde de leur propre communauté, qu’elle soit chiite, sunnite ou kurde, ils connaissent très peu les autres communautés iraquiennes.
Dès le moment où le président George W. Bush a décidé de renverser Saddam Hussein, il aurait dû être évident que ce serait une guerre très différente de celle menée par son père en 1991. Celle-ci avait été une guerre modérée pour rétablir le statu quo au Koweit.
La guerre de 2003 est appelée à avoir des conséquences très radicales.

 

La suite ICI ...

 

 


Entre intox et contre vérité
[8 mai, 2008 ]
Actualités sur la Guerre impériale

OPERA & JABIRU

 

Qu'en est t'il de la compréhension sur la stratégie impériale des Etats Unis dans leur guerre contre l'Irak et l'Afghanistan ?

Dans un "jeu" de questions/réponses Opera & Jabiru développent leur point de vue ICI



Crise alimentaire et biocarburant$
[ 27 avril, 2008 ]

Jean Ziegker

 

Haïti Manifestants

 

Face aux changements climatiques et à la flambée des prix du pétrole, les biocarburants sont envisagés comme un élément d'alternative énergétique durable.

Mais les agrobiocarburants (produits à partir de produits agricoles) favorisent la déforestation et l'érosion des sols.

Ils font concurrence à l’alimentation. Leur production uniquement guidée par des impératifs économiques pourrait conduire à de graves conséquences sociales et environnementales.

Le coût des aliments de base monte en flèche;la famine de masse a engendré des émeutes violentes au Burkina Faso, au Cameroun, en Egypte, en Indonésie, en Côte d'Ivoire, en Mauritanie, au Mozambique, au Sénégal et en Haïti.

Pour les trois milliards de personnes qui survivent avec moins de deux dollars par jour [1,27 €] la spirale montante des prix mondiaux des denrées alimentaires a signifié la lutte pour le droit humain le plus essentiel: le droit de manger.

Le riz, le pain et les tortillas constituent la nourriture de base pour cette moitié de la population mondiale. Selon les chiffres de l'ONU, en 2oo7 le prix des céréales a augmenté de 42% et celui des produits laitiers de 80%. Et l'inflation sur les denrées alimentaires s'est encore accélérée ces derniers mois.

"Les prix alimentaires croissent à présent à des taux que peu d'entre nous avons vu au cours de notre vie", a déclaré John Powell du Programme Alimentaire Mondial.
Les prix resteront probablement élevés pendant au moins dix ans, prévoit l'Organisation de l'Alimentation et de l'Agriculture !

Lire ICI l'analyse de Jean Ziegler

 



Baril de pétrole à 150$ ?
[ (27 avril, 2008 )]

La flambée des prix du pétrole va se poursuivre: le baril de brut pourrait valoir entre 120 et 150 dollars d'ici l'automne, avancent désormais les analystes, contraints de relever précipitamment leurs prévisions du début d'année.

"En début d'année, nous avions estimé que le prix du pétrole allait retomber en 2008 et avancions les 80 dollars comme prix moyen", explique Antoine Halff, stratège chez le courtier Newedge Group. Mais "face à l'évolution de l'environnement des marchés pétroliers, nous sommes en train de revoir nettement à la hausse ce prix", ajoute-t-il. La suite ici





 

L’or noir dans un monde de brut
 

Notre village planétaire consomme 30 milliards de barils par an.

Un baril de pétrole équivaut à 159 litres et nous consommons chaque jour 85 millions de barils, soit 13 milliards de litres par an. Soit l’équivalent d’un gisement géant. S’il existe une véritable folie des hommes, elle tient à leur aveuglement.

Pour ne rien arranger, les chiffres concernant l’ampleur réelle des réserves sont délibérément ... la suite ICI

 



TERRE PATRIE
 

Notre Village planétaire seule masse sphérique habitée dans le système solaire
globe tourne en journée de 24 heures boucle annuellement l'orbite solaire en 365,25 jours à la vitesse de108 000 km/h. Sur cette Arche de Noé, la création initiale a évolué au fil des millions d'années. Rien de neuf sous le soleil sinon un trou dans ... LA SUITE ICI

Terre Patrie

 



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