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Lettre ouverte d’un jeune artiste qui assiste impuissant à l’agonie de son île. Monsieur le préfet, Monsieur le président de la Collectivité, Mesdames et Messieurs les grands électeurs,

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L’Ile de Saint Martin se meurt.
Constat amer, définitif et sans appel. Ce n’est une surprise pour personne et se voiler la face ou faire la politique de l’autruche n’y changera rien.
Pourtant, certains chercheront encore à trouver des excuses pour avoir bonne conscience. Ils mettront en cause le taux du dollar ou l’insécurité croissante, pendant que d’autres accuseront la partie hollandaise de nous faire mauvaise presse. Mais inutile de vous donner tant de peine et ne cherchez pas plus loin. Car nous sommes les seuls responsables de ce naufrage
Saint Martin se meurt (pardonnez moi l’expression) « car nous avons m…. sur toute la ligne. » Alors oui, les touristes ne viennent plus. Mais il fallait si attendre, comment aurait t’il pu en être autrement ?
Si les touristes montrent de telles réticences, c’est tout simplement parce que nous ne savons plus les accueillir et que nous n’avons plus, ni les infrastructures, ni les atouts, ni les attraits susceptibles de les intéresser. Arrêtons de nous renvoyer la balle et ouvrons un peu nos yeux.
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Notre île est sale, délabrée, délaissée et l’harmonie de jadis à belle et bien disparue. Plus personne ne fait aucun effort. Il n’y a aucune conscience civique, sociale ou professionnelle. Les grands principes fondamentaux comme l’entraide, la solidarité et le partage qui scellent une famille, un clan, une communauté, voir même une collectivité, ne sont plus de mise sur cette « Friendly Island ». Reste le milieu associatif, et encore, quand il n’est pas corrompu ! C’est chacun pour soi et advienne que pourra !
La culture Saint Martinoise s’est considérablement appauvrie. Il n’en subsiste que des bribes. Et je pèse mes mots. Le carnaval en est le meilleur exemple. Plus un seul instrument de musique. Ils ont fait place à des semi-remorques qui font « beugler » leur puissant groupe électrogène et leur sono déchirante en d’hypothétique « Jump-up ». Où sont les fanfares d’antan ? Les groupes de danse ou de musique qui jouaient autres choses que de la variété américaine insipide ?
Où sont passées les saint-Martinoises au regard fier, à la crinière argentée, qui cuisinaient des mets traditionnels à chaque coin de rue ? Aujourd’hui, nous mangeons des Ribbs et des Barbecues en pensant manger local ! Mais réveillez vous ! Saint-Martin, probablement la seule îles des caraïbes, sans fruits, sans légumes, sans agriculture, sans arbres, sans fleurs et sans bétail exploitables.
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Saint martin qui peut s’enorgueillir d’avoir Grand-case comme capitale de la gastronomie antillaise. Grand-case, qui ressemble aujourd’hui à une casse de voitures à ciel ouvert, avec ses dizaines d’épaves et autres amas de carrosseries pour accueillir les touristes. Saint-Martin, on y mange si mal que même nos enfants en pâtissent. Regardez-les à la sortie de l’école, comme ils se traînent. La moitié d’entre eux a des problemes de surpoids. Comment voulez vous qu’ils s’intègrent dans notre société, si à l’âge de 11 ans, ils pèsent déjà plus de 70 Kg ? |
Saint martin, carrefour pluriculturel ou pas un seul adolescent ne parle anglais, français ou espagnol, car ils mélangent toutes les langues sans jamais les pratiquer correctement. Des jeunes qui ont pour unique ambition d’acquérir le scooter délabré de leur voisin ou de conduire sans permis la voiture du grand frère qui ne possède pas ce permis lui-même !! Nos enfants sont les messagers de la mort qui roulent à tombeau ouvert au volant d’engins sanguinaires.
Mais continuons notre état des lieux. Un tourisme en berne et une île perfusée par des aides sociales en tous genres. Des subventions, en veux-tu ? En voila ! Autant d’artifices qui retardent l’inéluctable de quelques semaines, de quelques mois. Mais rien de concret.
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Une délinquance grandissante et des milliers d’adolescents entre 13 et 17 ans qui dans quelques années vont se trouver sur un marché du travail quasi-inexistant.
Comment voyez vous donc l’avenir et quelles sont les solutions que vous avez à nous apporter ?
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Mon tempérament pessimiste me pousse à vous dire qu’il n’y a plus rien à faire et que c’est cause perdue.
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Mais mon âme d’artiste et mon petit coté rêveur reprennent parfois le dessus. Car après tout, nous ne sommes pas les seuls dans ce cas de figure. Nous avons toujours tendance à prendre la partie hollandaise pour exemple. Mais regardons y de plus près.
La délinquance y est la même, voir encore plus importante. La pollution, c’est encore pire et d’un point de vu environnemental, n’en parlons pas. Le social n’est guère mirobolant, les gens sont payés au lance-pierre, l’accès au système de santé, à l’éducation et aux retraites est plus qu’aléatoire. Alors de quoi nous plaignons nous ?
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Oui, les touristes sont bien là, au Dutch-Side et pas chez nous. C’est un fait. Et encore ! Peut on qualifier de touristes des gens qui ne restent qu’une demi-journée à Front-Street pour acheter des babioles ou du matériel électronique ? Où croyez vous que va l’argent, hormis le 1% de taxe gouvernementale ? L’argent ne reste pas sur l’île mais profite à des négociants du Moyen-Orient, d’Inde ou à des asiatiques qui ont bien compris que Sint-Maarten était un eldorado. Et il profitera aussi à de gros promoteurs immobiliers américains, européens ou du golf persique, lorsque les milliers de villas et les dizaines de villages vacances qui défigurent leurs cotes et leurs plages, auront achevé leurs constructions.
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Plusieurs d’entre vous ont affirmé pouvoir rattraper ce « retard » par rapport au coté hollandais. Soit ! Alors imaginons que nous soyons capables en partie française de « pondre » un aéroport international spécial gros porteurs, un port en eau profonde capable d’accueillir 4 paquebots simultanément, imaginons que nous construisions des villages entiers avec vue sur la mer, eau et gaz à tous les étages. Imaginons que nous adoptions le dollar pour monnaie officielle et que les fournisseurs chinois et taiwanais nous fassent des prix défiants toute concurrence sur les appareils photo, les portables, les montres et tout le toutim pour remplir nos magasins. Croyez vous faire revenir les touristes de cette manière ? La réponse est non !! Et il faudrait être un guignol pour croire une chose pareille.
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Le pire, dans tout cela, c’est que les solutions, nous les avons et qu’en plus, elles ne coûtent pas cher. Améliorer saint Martin et inverser la tendance est un jeu d’enfant. Et c’est sans doute cela qui est le plus énervant. Car il suffirait juste que chacun fasse un petit effort. Donne une petite partie de soi.
Deux seuls facteurs peuvent sauver Saint Martin. Et ces deux paramètres, nous les avons prodigieusement méprisés. Pour faire revenir les touristes, il faut jouer la carte Culturelle et Ecologique. Tout autre moyen est voué à l’échec. Le tourisme de masse ne nous apportera rien, c’est prouvé. Embellissons l’île, nettoyons-la. Badigeonnons-la de peinture dans un premier temps à défaut de rénover dans les normes si les moyens ne nous le permettent pas. Une maison en béton coloré est toujours plus belle qu’une maison en béton gris. Un petit coté pittoresque vaut mieux qu’un aspect bidonville. Nettoyons nos jardins, nos rues. Employons la jeunesse délinquante à cet usage, poursuivons cette idée formidable, initiée il y a quelques mois. Réquisitionnons les maisons abandonnées du centre ville pour en faire autant de petits commerces à loyer modéré. Facilitons les démarches administratives et exonérons les jeunes créateurs d’entreprise de taxe sociale.
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Introduisons le civisme à l’école, revalorisons l’enseignement public, faisons appel à des bénévoles pour initier nos enfants à l’art et à la culture. Mettons en valeur les clubs sportifs et les associations pour la jeunesse. Créons des centres de loisirs, des espaces de jeux et de détente. Même à ciel ouvert si cela coûte moins cher !
Faisons appel aux « anciens » que nous cachons « honteusement » dans nos maisons. Et oui, le bas blesse ! Saint martin, île sans vieillards et sans handicapés et n’allez pas croire que la chaleur y soit pour quelque chose. Les personnes du 3eme age ne courent manifestement pas les rues dans notre Friendly island. Les rencontres intergénérationnelles ont beaucoup à nous apporter. Faisons appel à nos racines. Vivons de bon sens et de respect de l’autre.
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Respectons nos plages, nos plaines et nos mornes. Organisons des manifestations plus ambitieuses, plus attractives. Créons un festival international des arts et des traditions caribéennes, une maison de la culture, un musée. Inventons nos monuments.
Faisons appel à des artistes pour remodeler le centre ville historique de Marigot. Les touristes se fichent royalement d’une extension de la Marina. Les grosses infrastructures, c’est un peu tard ! Marigot, seule capitale des caraïbes à ne posséder aucun hôtel en centre ville ! Ça frise le ridicule et le surréalisme.
Les touristes veulent de la sécurité, de la quiétude, de l’apaisement, de la tranquillité. Ils veulent bien manger, se détendre et flâner dans de petites boutiques avec des commerçants souriants et accueillants. Ils veulent se baigner dans de belles eaux, bronzer sur une plage propre et randonner dans la verdure. Ne cherchons pas midi à quatorze heures. Et inutile de mettre un moteur de formule 1 dans un vieux tacot. |
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Il ne faudra que quelques mois. Deux ou trois ans tout au plus pour redresser la barre. Petit à petit, nous allons tendre vers une clientèle plus prestigieuse et progressivement les touristes argentés reviendront. Car bien évidemment, un tourisme plus classieux est souhaitable. Mais nous n’en avons pas les moyens pour le moment. Nous sommes arrivés à un point de non retour ou nous devons agir coûte que coûte.
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Mettons l’accent sur la culture et l’environnement, il n’y a pas d’autre alternative.
Construire à tout prix ne servira strictement à rien. Les fondations ne sont pas bonnes. Redevenons tout simplement accueillant. Dix petits gîtes ruraux ou des maisons d’hôtes en centre ville valent mieux qu’un grand hôtel impersonnel situé en plein milieu d’une décharge. Car tel est l’avenir que Saint Martin semble emprunter. Alors voila, après cette longue lettre sans doute un brin impertinente et politiquement incorrecte, j’attend de vous tous, une rencontre, un dialogue, une ouverture, des réponses. Et c’est avec beaucoup de plaisir et de sincérité que je souhaite ouvrir le débat.
Merci pour votre lecture,
Cordialement
Coccinella
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Une indemnité mensuelle en 2008 d'un peu moins de 7 000 euros bruts, calculée selon le traitement des fonctionnaires occupant les emplois les plus élevés de l'État appartenant à la « catégorie "hors échelle" (conseillers d'État, préfets, directeurs d'administration centrale, etc.) ». A cela s'ajoute l'indemnité représentative de frais de mandat d'un montant d'environ 6 100 euros pour la rémunération du personnel de secrétariat, la location d'une permanence, l'équipement de bureau, etc.
Depuis 1976 les sénateurs peuvent avoir des assistants qui sont directement employés par le parlementaire avec un salaire moyen brut d'environ 2 300 euros pour un assistant à temps plein 8. A cela s'ajoute divers moyens matériels mis à la disposition des sénateurs comme un bureau individuel au Palais du Luxembourg ou ses dépendances, d'équipements informatique et de communications, de la gratuité de l'affranchissement du courrier spécifique à ses travaux parlementaire, de prêts pour le logement ainsi que diverses facilités de transport .
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Les travaux du Sénat
préparatoires à la Loi Organique
de Février 2oo7
ICI
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